Transcription

Lettres à Maurice Duhamel

Lettre issue de notre collection personnelle en date du 5 mai 1914. 

Transcription : 

Rennes, le 5 mai 1914

Cher monsieur Duhamel,

Vous avez compris, n’est-ce pas ? par suite de quelles circonstances j’ai dû tarder si longtemps à vous repondre. En principe, il va sans dire que je suis tout prêt à m’occuper d’une réédition des Gwerziou, mais comme il ne saurait être question, dans l’espèce, d’une réédition pure et simple, et qu’il faudrait, en dessous des textes de Luzel, un ensemble de commentaires destinées : 1er à donner les compléments qui ont été découverts depuis et que Luzel n’a pas connus ; 2e à dégager la valeur historique de certaines gwerz, je veux dire des événements réels qui les ont inspirés et dont il est aisé de retrouver la trace ; — en un mot à mettre tout le recueil au courant des découvertes actuelles, — il y a là tout un travail que je ne saurais entreprendre, si désireux que je puisse être de l’accomplir, sans en exiger la juste rémunération qui serait à débattre entre M. Champion et moi si, cependant, il accepte de se charger de la publication. J’estime, à cet égard, que les bases d’un arrangement devraient être prises conformément aux conditions qui sont faites pour La Légende de la mort. Je vais, du reste, en écrire à M. Champion, comme vous me le demandez. 

Merci, à l’avance, de l’offre obligeante que vous me faites de m’aider dans la tâche matérielle qui ne laisse pas d’être assez ardue, une fois tout le texte établi avec les notes si nombreuses qu’il nécessitera. 

Je n’ai pas besoin de vous dire avec quel intérêt je suis toutes les manifestations de votre association de compositeurs. Il faut évidemment que vous veniez ici nous faire une conférence sur la musique celtique. Je vais en parler, à la première occasion,  au groupe le plus qualifié pour organiser cette conférence, je veux dire l’association artistique et littéraire de Bretagne. Si même vous m’en aviez avisé plus tôt, j’aurais pu demander qu’on vous fît venir ce mois-ci où l’association clot ses séances jusqu’à l’automne.

Offrez, je vous prie, mon meilleur hommage à Mmes Duhamel, et croyez-moi votre bien dévoué

Anatole Le Braz